Inspiration
Petit bout de rien,
Petit bout de moi,
Parsemer sur le chemin,
Chemin qui ne mène a rien,
Chemin détourner
Chemin sans fin,
Idéal détour,
Détour sans retour,
Retour aux sources,
Sources de l’ennuie,
L’ennuie d’une vie,
Vie sans envie,
Envie d’un prélude,
Prélude de Bach,
Bach ? Non pas regarder en arrière,
Arrières pensées,
Pensées dénouées,
Dénouée le tourment,
Tourment de chaque instant,
Instant présent,
Présent, passé, futur,
Futur instable,
Instable comme mes envies,
Envies infinies,
Infini d’ennuie,
Et tout recommence inlassablement…………….
Détresse
Détresse, infinie au delà de l’oubli.
Détresse, d’une vie au delà de l’ennui.
Détresse, d’une poétesse sans pudeur,
Juste sur elle, la douleur, d’un amour passé.
Détresse, dans l’insomnie,
Elle s’élève d’ici,
Juste pour partir, loin, de cette vie.
Détresse, toujours d’un amour éperdu sans retour.
Détresse d’infortune sur une feuille,
De papier a l’air libre par le vent,
Elle s’envole.
Détresse, amertume qui se brise au fond d’elle.
Détresse, ne vois tu pas que je suis la.
Détresse sans appel au secours,
Juste des mots sans détour.
Dans la peine ombre
Dans la peine ombre de la nuit, où tout le monde dort à poings fermés, j’avançais à pas de loup, comme pour ne pas réveiller la ville, comme si l’anonymat ne me suffisait pas.
Jour après jour le même rituel, le même parcours enivrant pour oublier ses douleurs. Avancer, car il n’y avait pas d’autre choix possible, pas assez de courage pour m’en aller rejoindre l’autre coté. Traîner sa haine et ses rancoeurs à travers une ville qui n’avait plus rien à m’apporter.
Comme si la vie n’avait plus rien à m’apprendre, plus rien à me faire découvrir, aucun sens, aucune odeur, plus rien de nouveau. Les jours défilaient et les nouvelles saveurs se faisaient de plus en plus fade. Fade et diaphane comme le teint que je portais sur moi, comme la vie que je traînais en moi.
Alors que plus rien n’arrivait à m’atteindre, dans cette nuit encore longue où le soleil ne pointera pas le moindre rayon avant plusieurs heures, je me heurtais à quelque chose qui apparemment avait décidé de faire comme moi, traîner son désarroi. Comme si elle ne pouvait pas choisir un autre chemin, comme si j’avais envie de faire place à la moindre chose humaine.
Elle me fixait comme si c’était moi qui avais pris sa place, comme si c’était son chemin et que je m’y trouvais, prête à me rendre la vie dure si je ne me décidais pas rapidement à changer de coté.
Oui ! Mais voila je n’en avais pas envie. Pourquoi cela devrait être à moi de bouger. Mon corps me faisait déjà assez mal comme ça, sans en plus rajouter un parcours inconnu de surcroît à mon périple nocturne.
Ses petits yeux plissés me scrutaient de haut en bas, je sentais son regard me transpercer, j’étais comme happée par elle, je me sentais presque défaillir. J’avais l’impression qu’elle prenait possession de mon corps, je sentais son souffle court et chaud me parcourir le corps, je me voyais survoler au dessus de nous. Mon corps était là, en bas, et je me voyais immobile, impossible de faire quoi que ce soit.
Mon corps tournoya et partit se réfugier en elle. Pour la première fois depuis des années, je me sentais bien. Plus aucune douleurs, plus aucun vague à l’âme, comme si je venais de renaître.
Le matin, l’aube se fait doucement entre apercevoir, le jour décide de nous dire qu’il est l’heure pour les braves d’affronter un autre jour.
Le réveil sonne, je ne reconnais pas l’endroit où je me trouve, ma tête me fait horriblement mal et j’ai beaucoup de difficultés à rassembler mes idées.
Je regarde autour de moi, rien, rien de familier, aucune odeur que mes sens olfactifs ne reconnaissent. Qu’avait-il bien pu se passer pour que je sois là.
Je me lève vite, très vite ; Je suis nue, aussi nue qu’un ver.
Mes vêtements ?
Vite, j’ouvre l’armoire, rien ici ne ressemble à ce que je peux porter d’habitude. Mais qu’est-ce que je peux bien porter d’habitude. La frénésie me prend, l’amnésie ne me quitte pas, je panique, je suffoque, je m’écroule.
Me voici encore sur ce lit, toujours dans la même pièce, mais à mes cotés une jeune femme qui me regarde, le regard doux, le visage dégageant un délicat sourire, une fraîcheur de vingt ans à peine. Avant que je ne puisse ouvrir la bouche pour mes premières questions, son doigt s’y pose. La douceur de sa peau me laisse sans voix, un léger parfum venant caresser mes narines m’enivre, je repose ma tête sur l’oreiller, mes yeux se referment, et je m’endors comme un ange venant de toucher les nuages après avoir trouvé ses ailes.
Une musique douce et lointaine me tire enfin de mon sommeil, j’ai l’impression d’avoir dormi une éternité. Je ne pense pas si bien dire.
La jeune femme est là, son regard me traverse et me fait frissonner, cette sensation je l’ai déjà vécu, mais pas possible de me souvenir.
Je me laisse transporter par ses mots, sa voix troublante. Je suis à elle, je me sens lui appartenir tel le maître et son esclave que rien ne peut séparer. Pourtant j’aimerai comprendre, savoir ce que je fais là.
J’ose enfin m’aventurer à une question en lui demandant où nous sommes ?
Elle se met à rire, un rire diabolique qui ne va plus avec ce personnage si doux ; puis, elle me fixe, ses yeux sont rouges, son visage empli de colère. J’ai le diable en face de moi.
A trop vouloir changer ma vie, j’avais pactisé avec l’ennemi, j’étais dans l’entrave entre le bien et le mal. Cette femme à elle seule représentait la sagesse, la pureté mais aussi l’horreur, le dégoût et l’enfer.
Je lui avais donné mon âme, mon âme contre un changement, perversité radicale, je serai sa marionnette sur terre ou je partirai sympathiser avec l’enfer.
Je n’y croyais pas, comment en étais-je arrivée là ?
Je devais faire un cauchemar, j’allais me réveiller et ma vie reprendrait le court des choses.
Mais non ! Je devais me faire une raison, je serais son hybride, ce qu’elle voudra bien faire de moi, mi homme mi femme, mi ange mi démon, je serai la perversité du genre humain à moi seule.
J’allais repartir chez moi, mais avec en moi tout ce qui avait changé.
Je me sens finalement à l’aise dans mon nouveau moi, plus en phase, plus en harmonie, je prends du plaisir à ce que je suis devenue
Homme, femme, je peux jouer à volonté avec le monde qui m’entoure, berner le commun des mortels sur mon identité.
Seulement, je ne sais pas pourquoi, ni ce que je dois faire réellement. suis-je là pour faire souffrir les autres comme j’ai pu souffrir naguère, petite vengeance personnelle ; Ou bien cette étrange femme attend quelque chose de bien spécial. Ce sera a moi de le découvrir.
Elle me jette à la porte. Je suis encore une fois au milieu de nulle part. Cela ne change pas beaucoup par rapport à mon autre vie.
Il fait froid, la nuit a recouvert la nuit, et j’erre au hasard, la marche habile mais peu entrainte.
Tout autour de moi défile, je vois le jour se lever à une vitesse vertigineuse et le soleil se coucher avec la même rapidité. Ainsi, le temps se projette devant moi sans que je ne puisse entreprendre quoique ce soit, je ne comprends rien, tout bouge vite, trop vite.
Puis le temps s’arrête quelques instant, comme pour reprendre mon souffle, souffle qui me transporte ailleurs, encore un autre endroit inconnu.
Inconnue. Elle est là, belle comme une rose qui vient d’éclore, comme la rosée du matin qui annonce un jour divin. Je ne peux détacher mon regard d’elle, je m’approche doucement pour ne pas l’effrayer. Je veux la toucher, j’aimerai l’embrasser, je ne sais que faire.
Dans pareil moment, je ne manque pas d’imagination d’ordinaire, mais là ?
Qui suis je ? Une femme, et si elle n’aime pas les femmes, j’aurai l’air fine avec mes gros sabots. Alors à ce moment je peux me changer en homme, je peux à volonté aimer et prendre toutes les femmes que je désire.
Il ne me reste plus qu’à entamer la phase si complexe, si délicate, celle qu’autrefois j’appréciais tant : Conquérir. Tout mettre en œuvre, comme une bête sauvage guettant sa proie, s’approcher doucement, l’apprivoiser, la prendre dans mes filets avant de la déguster, délicatement, doucement, avec délectation.
Un bref regard autour de moi, le temps de ma pensée la belle a disparu. Pas pour longtemps, je remets mes yeux dessus en un instant. J’avance tranquillement, la regarde avec un doux sourire, lui dit bonjour et la complimente de sa beauté si fraîche et de laquelle il m’est très difficile de détourner les yeux.
Je l’ai faite rougir, c’est presque gagné. Il ne me manque plus qu’à conclure par quelques banalités qui font fondre toutes les oreilles attentives.
Nous avançons vers chez elle où elle m’offre un café.
Qu’en ai-je à faire de son café ! C’est elle que je veux, et je ne tarde pas à le lui faire comprendre. La chambre, trop loin. Nous restons dans le salon où le sofa très confortable n’oubliera certainement pas nos étreintes.
Alors que je commence doucement à la déshabiller nos regards flamboyant, je sens une douleur vive dans le bas du ventre, mais mon désir étant plus fort, je ne me laisse pas distraire par cela. Elle est nue, je le suis presque aussi. Je sens ses mains se glisser sous mes sous vêtements, puis son regard change. Un cri d’horreur me transperce les oreilles, elle se relève avec une rapidité étonnante et m’insulte de tous les noms. Je ne comprends rien, je suis abasourdie, puis prolongeant son regard, je vois l’horreur sur moi. Le diable a joué, m’a pris en traître. Je suis mi femme mi homme, ma poitrine n’a pas changé mais mon sexe n’est plus le mien.
Panique !
Je prend rapidement tous mes vêtements et sort de chez la belle.
Je suis au milieu de la rue à m’habiller et j’entends un rire strident résonner dans mes oreilles. Je revois le diable devant moi ne pouvant s’empêcher de rire comme si je venais de lui raconter la dernière blague de l’année.
S’en est trop, je ne vais pas supporter cela le reste de ma vie, Lulu commence à m’énerver sérieusement, je dois faire quelque chose.
Je me mets à courir de plus en plus vite pour fuir ce rire, ce regard qui m’est insupportable, je dois trouver une solution.
Les jours passent et rien, je n’arrive à rien, sauf à être la super marionnette de ce diable endiablé qui me contrôle et joue avec le monde.
Je ne vois plus qu’une seule solution, la seule, l’unique, celle qui ne me quitte pas depuis des années. Je n’ai plus le choix, il me faut rassembler mon courage, arrêter d’avoir peur, ne plus penser à ma vie d’avant mais à la vie que je pourrai enfin avoir.
MOURIR.
Je vais prendre les devants, ne pas le laisser contrôler ma vie, ce n’est pas lui qui me fera partir mais moi qui sortirai par la grande porte.
Je réfléchis à ce qui sera le plus convenable, le moins douloureux tout de même, mourir oui, mais avec dignité, respect et sans souffrance.
Quelque chose de rapide, je ne veux pas agoniser dans un coin.
Une arme à feu ! Voila ce qu’il me faut !
Rapide, efficace, certes un peu bruyant et salissant, mais bon, je ne serai pas là pour le voir !
L’arme entre mes mains est froide, douce, je la regarde, enlève la sécurité, l’arme, puis la porte à ma tempe, puis à ma bouche, sous le menton, je ne sais pas !!
Qu’est ce qui serait le mieux ! Aucune idée.
Ce n’est pas vrai, être si prêt du but et ne pas arriver à se décider comment faire ?
J’arrête de réfléchir l’espace d’un instant, porte l’arme sur ma tempe, puis presse la gâchette.
A cet instant, je me réveille en sueur, chez moi, au fond de mon lit.
Tout ceci n’était qu’un rêve, un banal cauchemar……………………
L'éditrice
J’avais enfin trouvé mon éditeur, quand je dis éditeur, je devrais plutôt préciser éditrice. Elle avait une petite maison d’édition qui avait pour but de faire connaître de jeunes artistes en herbe. Je ne sais plus trop comment mes textes étaient arrivés jusqu'à elle, ceci dit, le plus important pour moi était le résultat.
Cela faisait plusieurs semaines que nous nous étions rencontrées et échangions nos idées sur la façon dont nous allions procéder pour la publication. Bien évidement, je voulais faire diffuser l’intégralité de mes textes dans un recueil de nouvelles et pas me retrouver à être la huitième plume d’un autre livre. Cependant, c’était son métier et je lui donnais plein pouvoir à ce qui serait le mieux.
Je la voyais bien tourner autour de moi mais je ne savais pas si c’était une façon d’avoir mon entière confiance ou si je lui plaisais, et ça j’en doutais fort ou bien était-ce une dragueuse……
Elle avait réussi à me convaincre de venir à la capitale pour continuer à écrire encore un peu, pour avoir plus de texte à fournir. J’étais donc seule chez elle à essayer de trouver l’inspiration, qui j’avoue, me faisait un peu défaut. Je ne me sentais pas assez à l’aise en ces lieux qui n’étaient pas les miens. Aucun repère, aucune odeur familière, c’était assez dur dans ces conditions de trouver les mots. Il me fallait une base, un petit bout de quelque chose pour laisser vagabonder mon imagination.
La sonnette retentie.
Avant même que j’ai pu ouvrir, une jeune femme se trouvait déjà au milieu de la pièce.
-« Zoé est là ? »
-« Non ! »
- « T’es qui toi ? Sa nouvelle petite amie ? »
-« Non, sa nouvelle artiste »
A peine avais-je fini ma phrase qu’elle s’empressa de répondre :
-« C’est pareil »
Comment ça, c’est pareil ! A croire que l’on doit absolument passer par son lit pour arriver à avoir son nom et ses textes publiés, ceci ne faisait que confirmer ce que je pouvais penser de Zoé. Il est vrai que la demoiselle avait de quoi plaire, mais je ne voulais pas arriver à mes fins juste parce que j’avais eu sur moi un droit de cuissage.
La jeune femme était repartie aussi vite qu’elle était entrée.
Quand Zoé rentra, je lui racontai le petit passage éclair de son amie. Elle détourna la tête sans me répondre, je n’en demandai pas plus. Mais je décidai de repartir chez moi le soir même. Je n’arrivais à rien ici, aucune ligne, aucun mot, le néant, ce qui me faisait douter de moi comme si j’avais perdu mon don.
Zoé insista pour que je reste. Elle me proposa un petit week-end au calme, loin du tumulte de la ville. Je ne voulais pas, je ne désirais pas demeurer plus longtemps avec elle. Ses argumentations pour me faire rester étaient de trop, elle n’arriverait pas à ses fins, je ne me laisserai pas acheter. Mon nom en haut de l’affiche, je le voulais, certes, mais sans conditions.
Je m’étais quand même laissée convaincre par une dernière soirée avec ses amies. La soirée commença doucement, un petit verre dans un bar branché du Marais, puis tranquillement, on se dirigea vers le restaurant.
J’en avais déjà marre.
Je me demandais ce que je faisais au milieu de ces gens que je ne connaissais pas et avec qui je n’avais rien en commun. Je ne voulais qu’une chose, retourner chez moi. Je pense que ça devait se voir sur mon visage car l’une d’entre elle me demanda si je m’ennuyais. Poliment, je fis mine que non mais elle ne fut pas très convaincue par ma piètre prestation. La soirée se poursuivi dans d’autres lieux dont je n’avais que faire. Zoé me regardait en me disant de commencer à m’habituer car ceci n’était qu’un aperçu du futur. Cela me fit rire doucement, fallait-il encore qu’elle publie mes textes au lieu de m’abasourdir avec des musiques trop fortes.
S’en était trop, je n’en pouvais plus, la coupe était pleine et pas quelle apparemment. J’attrapais mes affaires et me dirigeai vers la sortie. Enfin l’air frais d’un endroit sain et respirable.
Zoé m’emboîta le pas, me demanda ce qui n’allait pas.
Mais rien n’allait ! J’en avais marre de serrer des mains à des gens que je ne connaissais pas. Cela faisait une semaine que j’étais la et je ne faisais que ça. Tous les soirs de nouvelles têtes, tous les soirs d’autres endroits, fort sympathique pour certains, je l’avoue, mais qu’est ce que je faisais là ? Je n’étais pas un oiseau de nuit, je n’étais pas venue pour me promouvoir. Elle ne faisait que retarder les choses, chaque jour qui passait était le reflet du précédent. Je finissais par croire que rien ne se produirait, aucune publication, ni d’un texte, ni de MES textes. »
Puis, me retournant et lui faisant enfin face, je l’attrapai par le bras, l’approchai violemment jusqu'à moi et l’embrassai. Mes mains parcouraient son corps, mes lèvres près de son oreille lui murmurèrent :
-« C’est cela que tu veux, faut-il en arriver là… ? «
Et je parti sans me retourner, la rage au ventre, des larmes de colère plein les yeux, de devoir toujours se battre pour obtenir quelque chose. Là, je ne pouvais pas, je préférais encore abandonner.
J’étais enfin chez moi. Il s’était écoulé plusieurs jours, je n’avais aucune nouvelle de Zoé. Ceci dit, après ce qu’il s’était passé, il est vrai que je n’en attendais pas.
La sonnerie du téléphone retentit. C’était la meilleure amie de Zoé. Je me dis dans mon fond intérieur « allons bon, que me veut-elle ? ». Je n’avais pas envie de lui parler et encore moins envie d’écouter les futilités de quelqu’un que je connaissais à peine. Ces paroles parvinrent tout de même jusqu'à mes oreilles et je fini par y prêter un peu plus attention. Elle m’expliqua le fonctionnement de son amie, me dit que malheureusement, dans le milieu, elle avait cette sale réputation qui lui collait à la peau. Il est clair qu’elle n’était pas usurpée, mais cela lui portait préjudice et la mettait en colère. Elle me dit aussi que je l’avais touchée au travers de mes écrits, au plus profond d’elle et qu’elle n’avait pas voulu faire comme avec les autres. Mais elle n’avait pas su comment s’y prendre pour se faire comprendre, se faire entendre, me toucher, me séduire.
La conversation s’apparentait à un monologue, impossible de sortir un mot, je raccrochai sans rien dire. Les jours continuèrent à passer, le court de la vie.
Par un beau jour de printemps, je reçus un courrier.
C’était mon livre.
Avec mon nom, ma photo, une semi bibliographie, tout y était, tout ce qu’on avait projeté.
Je m'installai et le contemplai longuement laissant échapper une larme de bonheur. Je n’arrivais pas à composer son numéro, pourtant j’en avais envie. Je savais qu’il fallait que je le fasse, que je parle à Zoé.
Non ! Pas comme ça ! Je devais y aller !
Le train, le métro jusqu'à la maison d’édition où j’espérais qu’elle soit. Je gravis les quelques étages quatre à quatre, ouvris la porte, essoufflée, m’engouffrai dans le long couloir jusqu'à son bureau.
Sans frapper, j’entrai.
Zoé était bouche à bouche avec la jeune femme qui avait fait irruption dans l’appartement, je restais pétrifiée sur le pas de la porte, elles ne me voyaient pas trop occupées dans leurs ébats, je repris le chemin inverse en courant le cœur serré.
Abandonnée
Abandonnée sur les coussins, je me languis d’élaborer nos envies du passé. Pianoter sur ton corps de nouvelles notes qui donneront un sens au bonheur retrouvé. Etreindre de plaisir ma belle enchantée par mes mains enivrantes de douceur parcourrant la moindre parcelle, venir en toi comme en ces jeux d’antan, revenir ou je me suis tant perdue. Ne pas douter du calme qui a pu nous séparer.
Le grain de ta peau si doux, parfumé que je n’ai pas oublié. Ma langue aux saveurs parfois épineuse d’un piercing agréable qui, sur la fleur de ton sexe n’a pu que te faire gémir de plaisir. Ne jamais fermer les yeux pour savourer ton visage pourpre d’excitation, voir ton regard brillant.
Revenir d’un geste sauvage sur ton corps te prendre encore et encore mêlant douceur légère et violence volupté. Ton corps se cambre m’appelant a une cadence plus forte, plus vite encore, puis dans un dernier effort haletante de plaisir, je te sens jouir sous mes doigts, nos regards se croisent, nos sourires s’emmêlent, notre souffle court, je t’amene a moi pour un corps a corps, un baiser léger, l’une contre l’autre allongées, nous nous endormons le corps léger.
Fleur bleue

Fleur Bleue,
C’était un jour où la couleur du ciel ne donnait pas envie de mettre son nez dehors, le gris avait repris sa place chassant le joli bleu qui me faisait vivre.
Je devais quand même réagir et me décider à sortir, j‘avais rendez-vous avec une inconnue ; Enfin, c’est une façon de parler, cela faisait maintenant quelques mois que nous discutions ensemble sur le net, une rencontre au hasard, même si je n’y crois pas.
J’enfilais mon manteau et me mis à marcher en imaginant déjà cette rencontre.
Elle serait certainement déjà là à m’attendre car comme à mon habitude je serai en retard, je pousserai doucement la porte et croiserai sûrement son regard. J’irai m’asseoir près d’elle et nos sourires de cette situation se mêleront à nos discours qui déjà sur le net ne se tarissait pas. Puis nous partirons d’ici et je lui proposerai d’aller chez moi.
Je l’imagine frêle et diaphane, petit bout de femme que l’on a envie de toucher. Nous traverserons le parc en écoutant le chant des oiseaux, pour arriver délicatement sur mon canapé. En écoute au moindre de ses bruits, je sentirai certainement le désir monter en moi comme rythmé par son souffle, puis ne sachant me retenir je l’embrasserai, petit baiser d’enfant, rapide et malicieux, attendant la sentence qui s’abattrai sur moi.
A ma surprise elle en redemandera, puis le frottement de nos habits laissera la place à nos corps dénudés, enlacés.
La force de nos envies nous amènera jusqu’au petit matin ou je lui demanderai de rester encore un peu.
J’arrive enfin devant notre lieu de rendez vous, c’est un petit salon de thé ou en poussant la porte je ne vois personne, je m’installe à une table en attendant devant mon café, je dévisage toutes les personnes entrant, l’heure tourne et je pense qu’elle ne viendra plus, je me lève et me dirige vers la serveuse pour lui payer ma consommation. Je sors le cœur serré de la déception d’un jour manqué, peut être avais-je mal compris !! Pourquoi n’avons nous pas échangé nos numéros.
Je pars plongée dans mes pensées et je sens une main se poser sur mon épaule. Doucement je me retourne, c’est elle, avec un grand sourire et l’air confuse d’être autant en retard mais un souci de voiture. Je lui réponds que la marche à pied n’a pas ce genre de désagrément puis nous éclatons de rire.
Je propose d’aller chez moi, vu l’heure un peu tardive et le froid qui s’abat déjà sur nous ; manquerai plus que nous attrapions froid.
puis une autre
Du jour au lendemain,
Me voici dans les plaines enneigées
Le train file a tout allure dans l’air sans l’ombre d’un soucis, rien ne peut l’empêcher d’arriver a destination
Destination ? Paris ! Paris et ces citadins enragés qui courent après je ne sais quoi je ne sais qui ? Je suis au milieu de cette foule bruyante, moi qui déteste le bruit me voila servie. Il y a quelque chose ici qui m’attire, je ne sais pas ce que c’est mais j’y viens avec plaisir. Comme si je m’attend a ce qu’il se passe quelque chose, a une rencontre au coin d’une rue ou au détour d’une station de metro
Je ne me souviens plus très bien la raison de ma venue, si ce n’est juste par plaisir
Je parcourai la capitale a pied pour aller rejoindre mon quartier, celui que je veux découvrir « le Marais » mettre enfin des images sur cet endroit.
Cela a durer tout un week-end puis je suis rentrée en disant que ceci fait je n’ai plus de raison pour y retourner.
Nous sommes Mercredi et je reçois un courrier, une lettre me demandant d’être au 24 rue des Vosges ce Vendredi a 14h30 en guise de signature juste « Tu ne seras pas déçu ! »
Je ne reconnais pas l’écriture et le cachet de la poste expéditrice sur l’enveloppe ne m’en dit pas plus.
Je t regarde longuement la lettre me demandant ce que je dois faire. Je n’ai rien a perdre mais est ce que j’ai quelque chose a y gagner ? J’ai peur et l’appréhension d’arriver dans un guet append mais ma curiosité est tellement grande que je suis allée chercher mon billet a la gare. Je prend mon train tôt pour arriver gare de l’Est a midi, mon plan de metro a la main, il me faut décrypter tout cela afin d’arriver au lieu de rendez vous sans avoir a faire le tour de la ville dans ces souterrains.
Je réussi a me débrouiller fort bien en demandant aux passants de m’aider un peu. Voila j’y suis et maintenant je fais quoi ?
Il est l’heure je suis a la bonne adresse mais il se passe rien, enfin presque, la porte de l’immeuble s’ouvre et je la vois, là avec son sourire charmant et son regard charmeur ou vice versa, je ne sais plus très bien, a chaque fois que je la vois je perds tout mes moyens.
-« Que penses tu de ma surprise ? »
Je lui répond : « très réussi mais en quel honneur ? »
-« pour nos 1an ! »
Un an hé oui, cela fait un an que l’on se connais, un an tumultueux, d’amour inachevé, d’histoire difficile et d’amitié naissante.
Je ne comprends pas pourquoi ici, mais je ne cherche pas, je suis avec elle, et surtout c’est elle qui l’avait décidé.
J’en reste presque pantoise de cette surprise. Elle me surprend là ou je ne m’y attends le moins. Tout ce que j’aime.
Nous passons l’après midi a rire aux éclats nous racontant nos dernières histoire, nous imaginant les futurs.
Notre nuit passe l’une sur l’autre, l’une dans l’autre, reste, je pense graver a jamais dans ma mémoire comme tout ce que j’avais vécu avec elle auparavant. En m’offrant cette nuit, elle met une fin définitive a notre histoire d’amour afin d’ouvrir la porte de l’amitié, ma complice, ma grande sœur, l’infini tendresse qui nous unit maintenant et pour longtemps.
Les années qui arrivent s’annonce riche en saveurs. Nous ne feront certainement plus l’amour ensemble mais il restera les moments câlins, la chaleur d’un autre amour celui que rien ne peut briser.
premiere création
Elle était au bout de mes doigts,
C’est ici que nous nous sommes rencontrées, au fil des mots nous avons appris à nous connaître.
Cela fait un moment que j’y pense mais c’est décidé ce sera aujourd’hui que je viendrai te voir !
Je n’ai jamais vu ton visage, jamais entendu le timbre de ta voix.
C’est un bel après midi qui s’offre à nous, j’enfourche ma moto et commence à parcourir les kilomètres, qui nous séparent.
Je fais ce chemin, pour la première fois mais j’ai l’impression que la moto connaît déjà le chemin par cœur.
Tu habites un petit village ou tu es venue t’exiler, tu as aimé ce paysage, cette tranquillité qui te donne l’inspiration pour créer car tu es une artiste.
Le panneau indique deux kilomètres, c’est la distance qui nous sépare, je serai bientôt devant toi, je sens mon cœur battre à vive allure, mon estomac fait des nœuds !!!
L’entrée du village, je me dirige vers la place et me gare près de la fontaine juste en face de ton atelier.
Ma gorge est sèche, je n’arrive pas à bouger, j’ai posé les pieds par terre, enlevé mon casque, et je regarde la porte fermée, la grille de fer est baissée.
Le clocher de l’église, non loin de là, sonne quatorze heure.
J’aperçois ta silhouette derrière la porte vitrée que tu ouvres rapidement, tu lèves la grille, je te regarde immobile, mon regard ne peut se détacher de toi.
Nos regards se croisent, nous nous sourions, je me décide enfin à descendre de moto, je me dirige vers toi.
Dans quelques secondes je serai là, je pourrai enfin t’admirer et t’entendre. Je n’ai plus qu’à traverser la rue pour te dire bonjour.
Le son de ta voix, je l’ai entendu une seule fois, à cet instant là, quand tu as crié lorsque la voiture est venue me percuter.